Quand le télétravail devient la règle et non plus l’exception

11 juin 2020

C’est le constructeur PSA qui l’a annoncé début mai. En pleine période de confinement, il souhaite « basculer définitivement dans une organisation où le télétravail devient la règle et la présence au bureau l’exception ».
La crise du coronavirus accélère ainsi un processus déjà enclenché dans l’entreprise et Xavier Chereau, le directeur des ressources humaines et de la transformation du groupe, a annoncé la décision de « renforcer le travail à distance, et d’en faire la référence pour les activités non reliées directement à la production », c’est-à-dire 80 000 des 200 000 employés du groupe.

Le constructeur fait preuve de maturité sur ces sujets, puisqu’il avait déjà entamé la transition en instaurant le télétravail partiel ou total pour 18 000 de ses employés et a mis en place des organisations flex-office sur quelques sites.
D’autres grands groupes, dans la banque, les assurances ou les services avaient également débuté cette transition vers un travail plus mobile, plus distant.

Toutefois, comme nous l’avons constaté, à l’ère de la Covid-19 et dès le début de la période de confinement, de très nombreuses entreprises se sont retrouvées dans l’incapacité de poursuivre leurs activités, parce qu’elles n’avaient pas été préparées à pouvoir faire travailler à distance leurs collaborateurs. Les systèmes applicatifs ne le permettaient pas, les réseaux ne pouvaient supporter la surcharge de connexions tout en maintenant la sécurité nécessaire, obligeant parfois les employés à respecter des créneaux horaires de connexion., car les infrastructures n’avaient pas la flexibilité nécessaire pour suivre l’explosion des charges, certains utilisateurs n’étaient pas pourvus d’équipements mobiles, etc. Elles ont ainsi dû déployer en urgence des solutions de télétravail pour assurer la continuité de leurs opérations.
Aujourd’hui, nous percevons les premiers retours d’expérience de ces organisations et comment cela impacte le marché du numérique.

Digitaliser le poste de travail et les processus d’entreprises sont des mouvements que nous observons depuis de nombreuses années déjà chez MARKESS. Mais cette crise sanitaire, inattendue, subite, a permis d’éclairer le besoin criant d’accélérer ces chantiers de transformation numérique.

En 2018, MARKESS estimait que 8% des entreprises en France utilisaient des solutions de travail à distance et qu’en 2020, elles devraient être 25% à le faire. Depuis le début de la crise sanitaire et surtout le confinement instauré par le gouvernement, nous avons constaté une migration massive, à marche forcée, des entreprises vers les postes de travail virtualisés.
Des entreprises ont, par exemple, dû en quelques jours installer et activer des centaines, voire des milliers, de machines virtuelles pour permettre à leurs collaborateurs de poursuivre leurs activités. Cela, sans compter la logistique et les investissements nécessaires pour équiper des salariés en postes de travail…
Si nous estimions, avant la crise, à près de 10% la croissance 2020 du marché français de la digitalisation des postes de travail (équipements, solutions logicielles et infrastructures cloud autour du digital workplace, virtualisation des postes de travail, communications unifiées, services et financement), le constat des migrations massives qui s’opèrent actuellement nous fait réévaluer fortement à la hausse ces prévisions.
Avec cette sur-adoption rapide, nous estimons ainsi désormais à plus de 25% la croissance du marché pour 2020.
En 2021, cette tendance devrait se poursuivre, avec de nouveau une forte croissance, estimée à près de 20%.
Les entreprises qui n’ont pas réussi ou su investir (tant financièrement que techniquement ou sur le plan de l’organisation) en 2020 dans la digitalisation des postes de travail le feront en 2021. En revanche, l’effet de la crise économique annoncée et par conséquence la baisse probable du nombre de travailleurs devrait avoir raison, à moyen terme, sur la croissance de ce marché.

Jusqu’à aujourd’hui, le marché de la digitalisation des postes de travail était principalement lié à l’évolution des besoins et des modes de travail des collaborateurs (coopérer de n’importe où, avec n’importe qui, à n’importe quel moment et depuis n’importe quel équipement). A présent, un nouveau facteur va indéniablement se rajouter pour les entreprises : celui d’être équipé et préparé au télétravail à tout moment et du mieux possible. Les fondamentaux de ce marché, dont certains nés de la crise que nous traversons, devraient donc rester bien vivants ces prochaines années : considérant l’atout que le télétravail peut avoir sur le bien-être et la productivité des employés, sur les gains de temps en transport, sur la baisse des coûts alloués aux locaux, l’essor du télétravail et donc de la digitalisation des postes de travail va perdurer.

Les entreprises devront considérer ces projets de manière structurante, associant Direction Générale, DRH, DSI, Direction de la transformation. Enfin, si la période ne paraît pas propice à investir financièrement dans ces solutions, les entreprises pourront mettre en regard les loyers et autres budgets alloués aux locaux sur lesquelles elles pourront réaliser de sérieuses économies.

Ce sera autant d’opportunités pour ceux qui savent proposer et financer cette transition.

 

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Parcours : Vingt ans d’expérience dans le développement de sociétés du numérique, Rejoint exægis en 2015,Gère le département d’études et conseil dédié aux entreprises du numérique, Initie le rapprochement de MARKESS by exægis, Dirige MARKESS et exægis Corporate Development Anciennes références :,Manager M&A, Alliance et Corporate Development pour Econocom, Manager Corporate Development, M&A, Partnerships et Marketing pour la Société Générale, Consultant Senior cher Pierre Audouin Consultants (PAC)

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